Les restrictions sanitaires auront-elles raison de nos établissements de cures thermales ? Fermés depuis le confinement de fin octobre à cause de la pandémie de Covid-19, ils sont « à l’agonie », assure le Conseil national des établissements thermaux, qui tire la sonnette d’alarme. « Nous avons demandé une aide exceptionnelle de 82 millions d’euros sous forme de subvention pour couvrir les importants déficits car nous allons mourir », alerte le président du CNETh, Thierry Dubois. Les 113 établissements thermaux de France sont fermés depuis le reconfinement fin octobre, et « aucune date de réouverture n’est envisagée à l’heure où la saison thermale devrait démarrer », selon le CNETh.

« Certains établissements, appartenant même à des groupes, envisagent de prendre une mesure de sauvegarde; d’autres déposent le bilan, comme Montrond-les-Bains (Loire) en novembre dernier. Le pôle thermal d’Amnéville (Moselle), avec une perte estimée à 3,7 millions d’euros, risque aussi un dépôt de bilan », poursuit ce syndicat professionnel. Selon lui, les deux périodes de fermeture (de mars à juin pour le premier confinement puis depuis fin octobre) menacent jusqu’à « 100.000 emplois » directs et indirects.

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Pour justifier sa demande d’aide, le CNETh fait le parallèle entre le modèle économique de l’activité thermale et celui des remontées mécaniques des stations de ski, qui ont tous deux « un taux de charge fixe très important, estimé à près de 70% ».

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« Ces charges ne sont pas compressibles et même si les établissements thermaux ont bénéficié de certaines aides mises en place par l’Etat, cela reste insuffisant pour assurer la survivance du secteur », plaide-t-il. Selon le CNETh, les établissements thermaux ont enregistré 110 millions d’euros de pertes en 2020 et leur fréquentation a chuté de près des deux tiers (580.000 curistes en 2019 contre 200.000 en 2020).