Les syndicats d’Électricité de France appellent aujourd’hui les salariés du groupe à la mobilisation contre le projet « Hercule ». Ce projet est l’ultime étape du plan européen, entamé au milieu des années 1990, visant à démanteler le groupe public français tel qu’il fût créé après-guerre par le ministre communiste Marcel Paul, suite à la loi de nationalisation de l’énergie issue du Conseil National de la Résistance.

Il y a vingt ans, EDF était l’acteur unique sur tout le territoire national, en situation de monopole sur l’ensemble de la chaîne de l’électricité, de la production à la distribution. Avec la complicité des gouvernements successifs, la Commission européenne a tout fait pour imposer sa volonté idéologique d’ouverture à la concurrence. Les prix devaient chuter, ce qui ne s’est pas vérifié.

Alors que tout fonctionnait, le groupe a été éclaté en plusieurs filiales pour séparer ses différentes activités, créer des marchés qui n’existaient pas et permettre à des acteurs privés de s’y insérer.

Selon un mécanisme complexe appelé l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), une loi impose aujourd’hui à EDF de revendre 25% de sa production d’électricité à prix coûtant à ses concurrents ! Imaginez un boulanger qui produirait les baguettes de pain de ses propres concurrents !

Cette usine à gaz arrivant bientôt à son terme, la Commission européenne presse la France de permettre à l’ensemble des fournisseurs d’accéder à 100% de la production nucléaire d’EDF à un prix de vente régulé par les pouvoirs publics. Pour cela, l’activité de production nucléaire d’EDF serait concentrée dans une nouvelle entité totalement publique appelée « EDF bleu » et les activités de distribution, de commercialisation et d’énergies renouvelables dans une entité ouverte à des investisseurs privés appelée « EDF vert ». Derrière l’idéologie libérale se cache toujours la même réalité : socialiser les pertes, privatiser les profits.

Sur la table des négociations, on trouve aussi les concessions hydroélectriques que la Commission européenne somme depuis plusieurs années la France d’ouvrir à la concurrence.
Déconstruire EDF, c’est déconstruire la France ! Mais Emmanuel Macron est favorable au projet européen d’ouverture complète à la concurrence.

La France insoumise soutient la mobilisation des salariés d’EDF contre le projet de la Commission européenne et du gouvernement. Nous souhaitons la constitution d’un pôle public de l’énergie maîtrisant toute la chaîne d’un bout à l’autre dont le pays a besoin pour planifier la bifurcation écologique.